
Ma mère est née à Kiev où elle a commencé une carrière de comédienne. Elle a fui la Révolution russe, s'est réfugiée à Berlin puis à Paris au moment de la montée du nazisme.
Mon père est né à Samarkand (Ouzbékistan). Musicien et compositeur – connu et reconnu – venu lui aussi à Paris, il a composé beaucoup de musiques de film dont certains des miens, par exemple « Toi le venin ». J'ai donc reçu une double culture – russe et française – dans une famille toujours fauchée et toujours entre la dérision et la joie de vivre. J'allais, en fraude, dans les cinémas de quartier voir Ivanhoé, Robin des Bois, etc. J'ai voulu en savoir plus sur ces bonshommes fantastiques et je me suis plongé dans les bandes dessinées. J'y ai appris beaucoup. Ma culture scolaire ? Le certificat d'étude. Le reste ? Les rencontres qui sont
la vraie richesse de ma vie. Ce sont elles qui m'ont donné une chance. C'est
pour ça que maintenant, je veux aller auprès des jeunes. Alors la culture pour qui et pour quoi? La culture doit avoir des liens profonds avec les problèmes de l'époque. Elle doit exister pour améliorer les conditions de ceux qui souffrent et, grâce aux thèmes proposés, traités, expliqués, guider ceux qui cherchent un sens à leur existence. La culture doit permettre de prendre en charge toutes les hésitations, les interrogations, les incompréhensions – et là, je pense tout particulièrement aux jeunes. Elle doit faire acte de présence pour montrer que la
connaissance est totalement nécessaire pour savoir faire des choix et elle est vivante si on donne l'occasion aux jeunes de faire leurs propres choix: J'ai été le premier, ne l'oublions pas, à mettre en scène des spectacles interactifs. Voilà ce que j'ai fait.
Finalement, je n'ai rien fait mais… longtemps.!
Auteur : HOSSEIN Robert
Magazine : Grandes Signatures n° 1 Page : 8-8
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